De servante, voici comment je suis devenue directrice aux impôts

De servante, voici comment je suis devenue directrice aux impôts

 Fyly, je me présente sous le nom de Georgette. J'ai 35 ans , légalement mariée et mère de 2  enfants, une fille et un  garçon. Voici l'histoire émouvante de ma vie.

Le temps est vraiment  l'autre nom de Dieu. Je reviens de loin. Tout commence lorsque j'étais en classe de 4ième,  j'avais 15 ans et  je venais de perdre mon père, il travaillait dans une société de coton dans une ville au nord. À la fin de l'année scolaire, ma mère, mes deux petits frères et moi dûment rentrer chez nous  à l'est de la Côte d’Ivoire. Comme je venais d'être admise  en troisième, ma mère me laissa chez le  petit frère de mon papa qui était instituteur dans le privé à Abengourou  et continua  au village avec mes frères. Mon oncle avait beaucoup d'enfants,  les conditions de vie étaient un peu difficiles mais grâce aux petits mandats de ma mère j'arrivais à m'en sortir. Dieu merci j'ai eut mon BEPC et mon admission en seconde. Cependant , j'avais un souci.  En effet, je voulais vite travailler pour venir en aide à ma mère car je voyais à quel point elle  se décarcassait pour s'occuper de nous. Comme j'en parlais, une amie  à moi connaissait une  jeune fille. Cette dernière allait sur Abidjan pour travailler comme servante durant les vacances scolaires. Elle  connaissait  des gens dans la capitale qui faisaient des placements de servantes. Je me suis  dit super! C'était ce genre de boulot que je voulais : gagner de l’argent tout en poursuivant mes études. J'étais courageuse, travailler chez les gens ne me posait pas de problème. En somme, j’étais très intéressée. Nous avons pris contact avec cette amie. Celle-ci a accepté de me mettre dans son réseau. C'est ainsi que pendant les vacances scolaires, je suis allée à Abidjan. Je rappelle que j'étais alors admise en première.  Ma mère ne voulait pas. Selon elle, Abidjan est dangereux et surtout elle n'avait aucun parent direct là-bas au cas où j'aurais un problème. Mais face à la réalité elle dû accepter. C'est ainsi que je me suis retrouvée dans une famille dans la commune de Cocody. J'ai été bien accueillie, nous étions 3 servantes, mon rôle a juste été de m'occuper du  Benjamin du couple il avait 5 ans et était atteint de la trisomie 21. Dieu merci,  l'enfant m'a vite adopté. Ses parents étaient très heureux. Après  les 3 mois ( juin, juillet, août ),  ils  ont payé intégralement mon salaire. C'est  de cette manière que  j'ai pu payer mes fournitures scolaires  ainsi que ceux de mes petits frères. L'année suivante,  je me suis engagée à nouveau. De la 1ière j’étais admise maintenant  en  terminale.  Cette fois là,  je n'eûs pas la même chance, j'ai atterri dans une famille où je devais tout faire : préparation, lessive, entretien de la maison, et même laveuse de voiture. Pourtant la dame m'avait juste dit que c'était pour faire l'entretien de la maison le reste elle s'en chargeait. C’est à cause de cela que mon salaire a été revu à la baisse. Nous étions 4 personnes à la maison. La  dame et son mari, ils  devaient avoir dans la quarantaine  moi et un petit garçon de 7 ans.  La femme ne me laissait aucun répit  car en plus des tâches ménagères j’étais aussi vendeuse de jus. Pourtant ça ne me disait absolument rien. Je n'avais  que 3 mois à tenir  après quoi, je prends mon salaire et je me casse. Cependant, s'il n'y avait que les corvées ? En effet,  son mari m'avait l'air gentil au début , lorsqu'il m'envoyait faire les courses,  il me demandait de garder la monnaie. Mais peu à peu son vrai visage de loup ravisseur a commencé à apparaître. Une fois   j’étais revenue  de la douche, il entra dans la chambre sans taper à la porte.  Il m'a surpris entrain de m'habiller.  Certes il s'en est   excusé. Cependant j'ai commencé à me méfier de lui. À partir de là, il a commencé ouvertement à me draguer. je lui ai dit  que je le respectais beaucoup comme mon défunt  père avec lequel il avait le même âge.  Aussi  je ne connaissais pas encore d'homme dans ma vie,  pour ainsi dire que j’étais vierge. Il ne voulut pas entendre raison. Une autre fois sa femme était sortie. Il me dit d'aller faire la chambre. Je voyais clairement  dans son jeu. j'ai  refusé prétextant des travaux. Un  jour pourtant sa femme était en déplacement. Elle allait souvent à la frontière du Ghana, Noé pour acheter des marchandises. Je ne sais pas du tout comment il a fait, mais il est entré dans la chambre que je partageais avec le petit garçon. Croyez-moi j'avais pris le soin de fermer la porte à clé. Il essayait  de me déshabiller en douce  dans le but de me violer,  je me suis réveillée en sursaut. Nous avons commencé à lutter. Je le suppliait de me laisser, tout en lui promettant de ne rien dire à sa femme, mais il ne voulait rien savoir. Durant plus de 3 heures du temps nous avons lutté. Je ne voulais pas me laisser faire. Il avait pris le soin de déplacer  le petit garçon dans leur chambre. Nous étions deux . À un moment donné ne pouvant plus  tenir je l'ai mordu, il lâcha prise ce qui me permis de me réfugier dans la douche jusqu'au petit matin. Durant toute la journée, j'ai tout fait pour l'éviter. En tout cas je me suis arrangée pour ne pas être dans la même pièce que lui.  C'est ainsi que sa femme arriva dans la soirée, je l'ai aidée à ranger toutes ses marchandises. Puis je suis allée me coucher ne sachant pas ce qui m'attendait. En effet, au beau milieu de la lui, je sentis quelqu'un  me soulever du lit,  avant que je puisse analyser la situation, une forte main m'avait prise par les cheveux et m'entraîna au salon.  C'était la femme du monsieur dans toute sa fureur. Je ne savais pas ce que son mari a bien pu lui raconter mais la haine et la rage se lisaient sur son visage. Je l'entendis entre deux coups qui s’abattaient sur moi dire : << donc quand je ne suis pas là, tu séduis mon mari ... Tu rentres dernière lui quand il est sous la douche …. >>. Je vous épargne les injures. Elle prit ma tête la cogna contre les meubles, je criais,  je suppliais.  J’appelais à l'aide, personne ne pouvait m'entendre car dehors, il pleuvait fortement. Quant à son mari, il était paisiblement assis dans le fauteuil en train de lire son journal.  << Tonton pardon aide moi, je vais faire tout ce que tu veux , mais aide moi, s'il te plaît,  tonton aide moi, elle va me tuer … >> dis-je en pleurant. Aucune réaction de sa part. Sa femme me donnait des coups me piétinait ors elle était grande et en forme du  genre awoulaba. À l’époque je n'étais qu'une  frêle jeune fille. Un moment, la dame s'était assise sur moi de tout son poids et m’étranglais. Alors,  Je me suis dit que mon heure était arrivée. Intérieurement je disais  au revoir à ma mère. Mais une joie m'envahit sans que je ne puisse savoir pourquoi. Peut-être que j’étais heureuse de rejoindre mon père.  Je l'aimais beaucoup.  Je ne vous l'avais pas dit. Mais j'ai failli abandonner mes études à sa mort.  Je ne sentais plus mon corps. C'est ainsi j'entendis à peine une voix dire : << arrête Suzanne, ne la tue pas, tu vas nous créer des problèmes >>. C'était son mari qui réagissait enfin. J’étais en train de perdre connaissance.  Malgré cela, elle me tira par les cheveux et me jeta dehors  sous la pluie. Au passage mes coudes et mes genoux  heurtaient violemment le goudron, tous autour de moi l'eau se changea en une mare de sang. Je ne sais pas avec quelle force, je revins à moi, je me suis relevée et me mis à courir comme une folle dans la nuit. Je tenais d'une main ce qui resta de mon caleçon. Nous habitons dans une cité. À l'entrée, se trouvait une maisonnette où logeaient des vigiles. J'avais tissé amitié avec l'un d'entre eux, il m'appelait << ma femme >>.  J’ai couru en direction de la maison dans l'espoir d'y trouver quelqu'un. Même le ciel semble être contre moi, le tonnerre grondait. Je frappai à la porte, heureusement quelqu'un me répondit à l'intérieur c'était mon ami justement  << C'est qui ? >> je l'appelai par son nom pour montrer que je le connaissais, puis je me suis présentée. Aussi il ouvrit la porte et fut abasourdi en me voyant  pratiquement nue et en sang.  je me suis jetée par terre et me mis à pleurer. Il tenta de me calmer au bout d'un moment, je réussis à lui  expliquer brièvement la situation. L'homme était aussi peiné que moi,  il  me remis son imperméable pour me couvrir. Il était 2 heures du matin. Je me suis recroquevillé dans un coin de la maisonnette, je souffrais moralement et physiquement. Puis vint le petit matin, nous avons pris un taxi et nous sommes allés chez lui. Il habitait une maison en bois dans un quartier précaire. Il vivait là avec sa femme et ses 2 enfants. Arrivés à son domicile, le vigile demanda à sa femme de mettre de l'eau au feu pour moi enfin que je puisse me laver.  Sa femme au début me dévisageait. Cependant Lorsque je suis revenue de la douche, son attitudee avait carrément changé . Certainement, son mari lui a expliqué mon malheur d'un soir. C'est ainsi  qu'elle m'offrit une de ses robes et me servir à manger,  un réchauffé du repas de la veille. Je n'avais pas faim du tout. Manger était le dernier de mes soucis, je venais de perdre l’opportunité de financer mes études et celles de mes frères. Je m'en voulais énormément, après tout c'était ma faute. Si  j'avais cédé au monsieur, je ne serai pas là.  Cependant, ils insistèrent car je devais prendre des  comprimés contre la douleur qui  me tenaillait  depuis les orteils jusqu’à la pointe des cheveux.  Après cela, le vigile m'informa qu’étant donné que sa maison ne pouvait pas nous contenir tous,  il allait me présenter à son pasteur pour que je puisse dormir dans leur église en attendant qu'il perçoive son salaire et me paye le transport retour. Aussi nous sommes aller à son église qui ne se trouvait pas dans le quartier précaire.

L'église est question était grande construite en dur. Le pasteur arriva au environ de 9 heures . Comme nous étions les premiers arrivés,  nous fûmes les premiers reçus. J'ai donc expliqué au pasteur accompagnés de  pleurs  le calvaire que j'ai vécu, ce que vous savez déjà. On pouvait lire la tristesse dans les yeux de l'homme de Dieu. À la fin de mon récit il pria pour moi et nous dit que ce sont les malades qui dormaient à l’église, même si j’étais amochée, je n’étais pas malade au sens strict du terme.  j'irai rester chez lui à la maison en entendant que  le vigile mon tuteur par la force des choses me trouve le transport. Ainsi le vigile me laissa seule et alla se reposer. Je lui dit infiniment merci . Quelques temps après, le pasteur après avoir reçu ses autres fidèles m'invita à le suivre en voiture chez lui. Il habitait un appartement dans un immeuble. Il me montra une chambre où je devais me reposer. J'avais maintenant un toit mais cela ne résolvait pas mon problème. J'avais passé deux mois au service de cette femme (juin et juillet ) et ce n'est pas sûr qu'elle me donne mon salaire ors nous étions en août, le mois prochain c'était la rentrée. Que faire ?  J'y pensais tellement que je me suis endormie sans même le savoir. J'ai été réveillée vers 17 heures par la femme de l'homme de Dieu. Elle était sage-femme dans un hôpital public. Bien-sûr que son mari lui a parlé de moi. Elle me prit dans ses bras. Comme on le dit chez nous, cette dame que je ne connaissais même pas  me souhaita'' Yako’’ du courage. Elle me conduisit dans sa chambre pour me remettre quelques vêtements à ma taille et des sous-vêtements car comme vous le saviez depuis tout ce temps, je suis sans caleçon. Il faut dire que cette généreuse dame  les avait spécialement acheté pour moi. les jours passaient, certes j'étais bien traitée mais ma situation n'avait toujours pas de solution. D'ailleurs cela me gênait beaucoup  d'être à la charge du pasteur et sa femme que je ne connaissais même pas. Mais, j'avais un plan dans la tête. Je vous l'avoue j'en ai honte aujourd'hui quand j'y pense. Un jour dans nos causeries de filles,  une de nos amies expliquait qu’il y'a des filles qui se prostituaient dans les grands hôtels de la capitale. Aussi je me suis dit dès que le vigile me donnait le transport, j'irai aussi tenter ma chance dans ces lieux de débauche. Plus que tout,  j'étais vraiment décidée à ne pas retourner auprès des miens sans rien en poche.

On en était là, lorsque vint le dimanche, le jour du seigneur. nous allâmes à l'église, j'étais très heureuse car j'allais croiser le vigile. Sans qu’il le sache, il allait me permettre de devenir une prostituée de luxe. Effectivement il était là avec sa famille et m'a même promis que nous nous verrons après la prière. La louange se déroula avec  ferveur. Mais moi je n'avais pas le cœur à la fête. Puis vient la prédication ce jour là je me rappelle, le pasteur avait prêché sur le bon samaritain dans le livre de Luc 10 au chapitre 25 à 37.  Comme  je m'y attendais pas, tout juste après sa prédication, le pasteur demanda à ce que je m'avance devant la chair. Il expliqua mon histoire dans les moindres détails, et le pasteur me demanda de montrer mes coudes et mes genoux qui portaient encore les traces de cette nuit folle. Et pour finir, il fit étaler un pagne devant moi et demanda à ses fidèles de venir y mettre  leur offrande car dit-il tout l'argent donné ce jour là me sera remis, il ne prélèvera que la dîme conformément à ce que dit la bible.

 Fyly,  je n'avais jamais vu de ma vie un tel élan de générosité à mon égard. Vraiment,  les fidèles ont donné ce jour là.  lorsque le pasteur a fait le décompte j'ai eut 770 350 ( sept cent soixante-dix mille trois cinquante francs CFA ). Je pleurais,  je me pinçais car pour moi j'étais dans un mauvais rêve et que  j'allais me réveiller. Lorsqu'à la enfin le pasteur me donna la parole, je lui dit :  << pasteur l'argent là est trop beaucoup pour moi, si tu pouvais tout prendre et me donner juste 100.000 f moi ça me ferait plaisir >>. L'assemblée se mit à rire et depuis à l'église on m'appelle << l'argent est trop beaucoup >>. Même après cela d'autres m'avaient fait des dons en nature : fournitures scolaires, habilles ... Tout ce que j'ai pu acheter avec  l'argent c'était un téléphone portable pour être en contact permanent avec l’église. J'ai passé  une semaine encore avec le couple pastoral avant de regagner les miens. Bien évidemment je n'avais pas oublié mon bienfaiteur le vigile à qui j'avais remis quelque chose discrètement pour lui dire merci. Arrivée, au village j'ai tout raconté  à ma mère qui ne s'est pas empêchée de pleurer. Avec l'argent, elle acheva la maison de mon père où nous logeons puis agrandit son restaurant. Je n'ai manqué de rien durant toute l'année scolaire qui d'ailleurs s'est bien passée car j'ai eut le bac avec mention. Je suis allée directement à Abidjan avec ma mère pour remercier le pasteur et son église. Le témoignage était émouvant, ce jour là on a dansé et chanté durant toute la prière. C'est ainsi, le pasteur me demanda à nouveau  qu'est-ce que je voudrais que Dieu fasse pour moi ? J'ai donc dit comme je suis orpheline et que tous mes frères comptaient sur moi, je ne voulais plus faire de longues études aussi si quelqu'un pouvait m'aider à passer un concours d'entrée à la fonction publique, cela me ferait énormément plaisir. C'est ainsi qu'un tonton me dit de lui remettre mes dossiers. J'ai eut mon concours d'entrée à l'ENA premier cycle. Après ma formation,  je fus  affecté aux  impôts. Entre-temps j'ai rencontré un jeune homme à l’église  nous nous sommes mariés. Il était ingénieur diplômé de l'Institut polytechnique Houphouët-Boigny de Yamoussoukro.  Sur ses conseils, j'ai suivi des cours du soir à l'université jusqu'à l'obtention d'une maîtrise. Ce qui me permis de passer des concours internes  pour devenir aujourd'hui une directrice aux impôts. L'histoire ne s'arrête pas là. Un jour pendant que j'étais à mon bureau. Un de mes collaborateurs qui n'était autre que le vigile qui  m'avais soutenu dans le passé fit entrer un couple. l'homme traînait encore les séquelles d'un AVC. C'est lorsque la femme était en train de me parler que je me suis souvenu que c'était le fameux couple qui a failli me tuer. Les impôts avaient saisi leur maison car ils devaient énormément d'argent. Elle disait qu’il y'a de cela des années son mari à fait un AVC, elle dû arrêter son commerce pour être près de lui. Il avait par la même occasion  perdu son emploi. Ils  étaient venus négocier car la maison était le seul bien qui leur restait même leur voiture avait été vendu pour faire face aux frais de santé. Malgré le fait que je les avais reconnu, je suis restée très professionnelle. Je leur expliquait la nécessité des citoyens de payer leurs impôts.  C'est lorsque j'étais en train de parler que la dame me fixa et dit << Excusez-moi madame, il me semble que je  vous connais mais je vois pas bien où >>. Alors je lui répondis << je suis  la petite servante que ton mari à tenter de violer  et que  toi tu as manqué  de tuer et jeter dehors sous une pluie battante en pleine nuit >>. Fyly,  je te laisse  imaginer  la suite de l'histoire.  

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